C’est une question récurrente que l’on pose tous lorsque l’on programme un weekend entre amis ou que l’on réserve ses vacances : quand réserver son billet de TGV pour le payer le moins cher possible et ne pas exploser son budget avant même de partir. Pour répondre à cette question, il convient de comprendre comment marche le système de réservation de la SNCF. On vous explique tout dans cet article.

Prendre le TGV ce n’est pas donné, mais pourquoi est-ce si cher ?

Pour comprendre comment la SNCF fixe le prix des TGV, il est important de comprendre comment le système de réservation de la SNCF fonctionne. Le moins que l’on puisse dire est que la société ferroviaire propose un système de réservation relativement obsolète.

Que l’on se le dise, si l’apparence générale pour le client est efficace, c’est dans le paramétrage qu’apparaissent des lacunes évidentes. En effet le système de modulation des prix est tout à fait obsolète et n’a pas évolué depuis son installation. En effet le système de réservation fonctionne de manière assez basique : plus on réserve tôt et moins le billet est cher. Au fur et à mesure que l’on s’approche de la date de départ, le prix augmente.

Un constat unanime

En tant qu’utilisateur, on a déjà tous fait le constat suivant : parfois on paye son billet au prix fort et pourtant on est seul ou presque dans la rame et inversement, parfois, on paye son billet à un tarif très faible et le train est bondé. Cette situation absurde peut prêter à sourire mais elle résulte d’une utilisation primaire et désuète de ce qu’on appelle le Yield Management.

Définition du Yield Management

Le yield management — de l’anglais to yield, « rendement » — est un système de gestion tarifaire des capacités disponibles telles des chambres en hôtellerie ou des sièges dans le transport aérien et ferroviaire, qui a pour objectif l’optimisation du remplissage et du chiffre d’affaires. On l’appelle également revenue management, ou encore de manière restrictive tarification en temps réel ou tarification différenciée.

Source wikipédia

Un système de tarification correctement paramétré permet d’améliorer la recette unitaire par billet sans pour autant dissuader le client. Il faut donc trouver en temps réel le meilleur prix pour que le client achète tout en le facturant le plus possible. C’est un système qui est utilisé par toutes les compagnies aériennes et qui est bien connu des utilisateurs.

La SNCF est la première société ferroviaire à avoir eu recours à ce système. Mais contrairement aux compagnies aériennes, comme Air France ou encore Easyjet qui l’utilise avec beaucoup de finesse, la société n’a jamais fait évoluer son système afin de le rendre pertinent. Comme nous le disions, l’unique règle est basée sur le différentiel entre la date de réservation et la date de voyage : plus c’est tôt, moins c’est cher. Un système d’un autre temps donc.

Un paradoxe incroyable

Le système de réservation de la SNCF, tel qu’il est proposé, repose sur un paradoxe difficilement explicable. En effet même lorsqu’un TGV ne se remplit pas, le prix du billet continue d’augmenter à mesure que la date de départ approche. C’est un principe tout à fait compréhensible dans une situation de monopole où les ventes se feront quoi qu’il arrive, mais rédhibitoire dans un monde où le train est concurrencé par d’autres modes de transport qui proposent des tarifs très attractifs. Nous pensons bien sûr à la concurrence de l’avion (les compagnies low cost proposent des tarifs vraiment très bas), du covoiturage (solution simple et peu onéreuse) ou encore à l’autobus (qui connait un succès grandissant).

Comparez les prix d’un trajet Paris – Montpellier le weekend, vous verrez que les trajets en bus sont, dans la plupart des cas, moins cher qu’un voyage en train.

Un manque de clairvoyance de la part de la SNCF

La SNCF, plutôt que de s’attaquer au cœur du problème, c’est-à-dire les tarifs même des billets, préfère lancer de nouveaux produits quelques peu opaques pour les utilisateurs. Nous pensons aux diverses cartes de réduction (dont certaines ne sont même pas connues par les agents de conseil de la SNCF) ou encore aux cartes d’abonnement TGVMax ou TGVpop. Ces cartes font le bonheur d’un petit nombre mais créent également autant de mécontent.

De plus ce mode de fonctionnement d’un autre âge est en inadéquation totale avec les habitudes de voyages actuelles des clients ! En effet, les clients prévoient et réservent leurs weekends à la dernière minute, ce qui est un phénomène assez récent. Un système de tarification basé sur la date de réservation, et non pas sur le taux de remplissage du train, semble donc clairement dépassé.

sncf-tgv-ouigo

Une concurrence interne

La SNCF semble même vouloir se concurrencer elle-même en développant son offre Ouigo. En effet jusque-là Ouigo permettait aux voyageurs de bénéficier de billets moins chers en contrepartie de quoi, les voyageurs acceptent de prendre le train dans des gares excentrées : Marne la Vallée pour les parisiens, Saint-Exupéry pour les lyonnais, etc. Rares étaient les villes desservies dans leur gare centrale. Mais la société veut lancer des trajets depuis Gare de Lyon directement, quitte à concurrencer son offre régulière.

Des prix difficiles à tirer vers le bas

Il faut savoir que 30% du prix d’un billet de TGV est payé à la société RFF. En effet la SNCF doit payer un péage pour que ses trains soient autorisés à circuler sur le réseau à grande vitesse. C’est dans les faits, l’un des péages les plus élevés d’Europe.

C’est une conséquence historique qui remonte à l’époque où le réseau ferré s’est construit. En effet l’Etat français n’a jamais voulu supporter la construction de ce grand réseau, contrairement aux routes, autoroutes ou encore aux canaux. Il a préféré déléguer sa construction. Nos voisins italiens ou allemands ont fait le choix inverse.

Pour conclure, et vous l’aurez compris depuis le début de l’article, pour payer votre billet de TGV le moins cher possible, il convient de le réserver le plus tôt possible. Un réflex simple à adopter, aussi simple que ne l’est le système de réservation de la société en somme.